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Moringa oleifera 
    -- M. Saqalli, 2002

Sommaire

4    Conclusion.

4.1    Les tests. 

La proximité de gros arbres est limitante pour la croissance de jeunes Mlonge. Pour autant, le soleil favorise la croissance des adventices concurrentes des jeunes plants. La demi-ombre est proposée par Jahn.Þ On suggérerait de planter en association des citrouilles, qui sont utilisées localement pour lutter contre les adventices dans les champs de maïs et de manioc.

Les boutures sont moins intéressantes que les graines pour une mise en plantation, par le nombre de plants obtenus beaucoup plus faible et le travail plus long.

Les tests de germination semblent ainsi indiquer que l'utilisation d'engrais naturel lors d'une plantation n'est pas bénéfique dans des conditions particulières, lorsqu'il pleut lors de la plantation. Les graines en phase de germination sont affectées par le fumier qui fermente, chauffe et les "brûle". D'après A. Vervoeld (Using livestock manure, 1989), la présence de déjections caprines renforce cet effet. La période de plantation ayant lieu à la saison des pluies, ce phénomène risque d'arriver fréquemment. On peut envisager de demander aux producteurs de protéger le fumier de la pluie par un abri, mais cela signifie encore un investissement de leur part en terme de travail. Nous voulons ainsi souligner que plus de consignes s constituent autant de contraintes et de coûts du travail. Les tests de plantation réalisés doivent se justifier par rapport à leurs objectifs : il s'agit d'apporter des informations aux planteurs de Mlonge pour justifier le coût de collecte éventuel par une production suffisante. Pour autant, le fumier semble avoir un effet positif non négligeable sur la croissance à long terme de l'arbre.

Le fumier comme amendement présente un risque pour le devenir des plants au début de la plantation. Þ Nous suggérons une pratique observée chez un exploitant : L'enfouissement des adventices semble être une pratique favorable d'apport en matière organique. Cette pratique s'effectue après la première année de croissance de l'arbre; pour éviter d'abîmer l'arbre jeune. L'arbre est ainsi approvisionné en matière organique chaque année avec une matière première très disponible, les adventices.

Le deuxième test montre qu'un décorticage est nuisible pour la germination puis la croissance des plantules. L'imbibation pendant 6 heures favorise la germination et la croissance des plantules dans les premières semaines.

Ce dernier effet devra être suivi avec l'âge des plantules, de manière à justifier les coûts d'une éventuelle imbibation par rapport à ce qui serait une simple accélération du développement dont les conséquences s'atténueraient au fur et à mesure de la croissance du jeune arbre. 

Les conditions en station ne se retrouvent pas chez les agriculteurs, même dans les grandes plantations. Les résultats peuvent être considérés comme le résultat maximal atteint mais pas un chemin à suivre. Au regard des coûts des tests, de la possibilité pour les paysans de modifier les itinéraires techniques et de l'information déjà disponible sur M. oleifera, la recherche agronomique en station se justifie peu pour cet arbre.Þ Il serait intéressant d'intégrer dans la grille de proposition aux producteurs d'autres variétés de M. oleifera, plus productives ou plus rustiques. C'est dans la comparaison chez les agriculteurs eux-mêmes de ces variétés qu'apparaîtraient la pertinence du choix de l'une ou l'autre variété.

4.2     Les itinéraires techniques.

Nous avons vu par les apports bibliographiques et les tests réalisés à Pajaroya[7] que cet arbre est très robuste. Les agriculteurs dans leur milieu adaptent leurs itinéraires techniques en fonction de leurs contraintes pour créer des pratiques. Cette adaptation est rationnelle économiquement, au sens de l'économie des ressources naturelles et de la gestion de ses contraintes physiques, le milieu agro-écologique et sa ressource rare, la main d'œuvre. Les tests déjà réalisés se justifient car ils fournissent des indications quantitatives maximales à l'échelle locale. L'abondante bibliographie disponible, en particulier indienne, sur les pratiques culturales liées à M. oleifera, peuvent apporter des voies utiles d'informations qualitatives.

Enfin, vu les coûts de transport en Tanzanie, il est inenvisageable d'inspecter les agriculteurs pour qu'ils suivent les itinéraires techniques.

L'obligation faite aux agriculteurs de suivre des itinéraires techniques se justifie peu économiquement. Les propositions et informations s'avéreront utiles comme base d'indications modulables en fonction des demandes des agriculteurs.

4.3     Les modes d'exploitation de l'arbre.

D'après nos observations dans les villages, l'exploitation des ressources arborées (arbres plantés ou spontanés) est systématiquement multi-usages. Proposer une multi-utilisation de l'arbre n'est pas une innovation culturelle.

Proposer M. oleifera comme un arbre dont les graines ou le tourteau assainit l'eau a peu de chances d'induire une opposition à cette démarche de promotion de ses avantages d'assainissement. Promouvoir véritablement les avantages de cet arbre dans les villages permet d'envisager une plus grande collaboration avec les centres de développement et les O.N.G.

Þ Nous pouvons proposer l’arbre comme une ressource multi-usages, avec des intérêts immédiats et directs (assainissement de l'eau dans les villages, ressources alimentaires, etc.) comme argument à la promotion de l'arbre. Ces éléments se rajouteraient à l'intérêt d'une culture de rapport.

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