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Moringa oleifera 
    -- M. Saqalli, 2002

Sommaire

3         Une implantation de Moringa oleifera en Tanzanie ?

La société Optima of Africa souhaite obtenir de la part des agriculteurs en contrat des plantations d'au moins 1 ha. Elle a édité un guide qui nous sert de base de discussion et d'analyse.

3.1     La mise en plantation

(Guide de plantation d' Optima of Africa)

Les dates sont proposées en fonction de l'emplacement de la future plantation. Il est ainsi recommandé pour une plantation dans la région de Tanga de planter en mars pour profiter de la saison des pluies Masika. La partie sud du pays n'a qu'une seule saison des pluies qui commence en novembre. Il est alors recommandé de planter à cette date là. Le temps d'implantation selon Optima of Africa est donc:

Ø             9 hommes-jours pour délimiter un ha

Ø             23 hommes-jours pour sarcler 1 ha de Mlonge.

Ø             23 hommes-jours pour préparer le semis. Cette préparation consiste à creuser des trous de 1 pied cube dans lequel un mélange de terre et de fumier serait déposé. Cela signifie 12.5 tonnes de fumier à l'ha à trouver, à transporter et à déposer.

Ø             4 hommes-jours pour un semis (1/2 kg de graines) en mars.

SOIT : 59 hommes-jour pour la plantation.

Aucun traitement insecticide n'est proposé : l'arbre est suffisamment robuste et il faut éviter que des traces chimiques puissent se retrouver dans le tourteau, qui doit servir à rendre l'eau potable.

Le fumier est proposé comme amendement, mais son efficacité sur la production n'est pas avéré (A. Le Roi, communication personnelle).

3.2     Les contraintes de travail

Nous limitons notre analyse à la région de Tanga, nord-est de la Tanzanie, où s'est déroulée cette étude. Les zones plus au sud du pays voient leurs saisons des pluies recentrées sur la saison tropicale des pluies d'hémisphère sud. Nous n'avons pas suffisamment d'informations sur les plantations dans ces régions, hors le fait qu'il s'agit de décaler les calendriers quelques six mois plus tard, vers novembre.

Nous faisons nos hypothèses à partir des pratiques des 2 personnes rencontrées en contrat avec Optima of Africa. Nous réduisons par rapport au projet Optima of Africa le nombre de sarclages, désherbages et élagages[4], au nombre employé dans les autres cultures que ferait l'agriculteur (en particulier le maïs) soit au mieux trois sarclages, et deux élagages/ébourgeonnages[5]. Les sarclages ont lieu à peu près en même temps que le maïs, soit pendant la saison des pluies. L'arbre ne crée pas un ombrage suffisamment fort pour empêcher les adventices de pousser.

Les récoltes concernent les gousses matures utiles pour la production de graines. Récolter les gousses un mois plus tôt est possible pour obtenir des drumsticks, ou gousses non matures.

On note que le calendrier de travail rentre en opposition avec le cycle de la principale plante d'alimentation, le maïs (Cf. 4.1.2.). La période de récolte du Mlonge a lieu pendant les phases de préparation et de semis pour le maïs. Les périodes d'entretien (sarclage, ébourgeonnage, élagage) de la parcelle sont à peu près équivalentes à celles du maïs.

La principale contrainte va être ainsi le mois de mars et la récolte. Cette saison principale est très étalée dans le temps de mars à juin (après les pluies), la maturation des gousses est continue et étalée dans le temps. Elle affecte quasiment tous les arbres. Les gousses matures ne tiennent que trois semaines environ sur les arbres avant qu'elles ne pourrissent sur pied et tombent. La récolte est faite tous les jours par les femmes et les enfants quand ils vont aux champs et dure 1 à 2 heures. Le travail se poursuit par le décorticage des gousses pour en tirer les graines.

La deuxième petite récolte de novembre à décembre n'affecte pas tous les arbres avec une récolte plus faible par arbre. Elle ne pose pas de problème véritable de surimposition de calendriers culturaux. Le sud du pays sera avantagé car cette récolte de novembre devient la récolte principale.

Schéma 2           le cycle de production de M. oleifera

 

Il existe donc une contrainte de travail pour la culture du Mlonge:

Ø             Faible en tant que telle : la récolte principale nécessite une présence permanente, les gousses ne maturant pas toutes en même temps et chacune ne tenant que trois semaines, mais le travail peut ne pas monopoliser toute la main d'œuvre familiale.

Ø             Forte ramené au calendrier des activités d'une exploitation : la récolte principale se surimpose à la période cruciale du semis du maïs sur le calendrier. Les grandes plantations auront un problème de recrutement de main d'œuvre à cette période cruciale de l'année.

 

   

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