Plant by Plant
Your Gateway to Traditional Food and Healing Plants
Plant by Plant home          More Moringa

Moringa oleifera 
    -- M. Saqalli, 2002

Sommaire

2         Les travaux et essais pratiqués.

2.1     synthèse de l'état des connaissances.

Dans le Nord du Soudan, la culture traditionnelle de M. oleifera se fait uniquement à partir de graines, tandis que la propagation par voie végétative se pratique couramment en Inde, en Indonésie et dans certains pays d'Afrique occidentale. Les travaux de Jahn et al. (1990) portent principalement sur la propagation par semences. Il est observé que des plants issus de boutures ont des racines beaucoup plus courtes.

Le prétraitement des graines de M. oleifera  ne présente aucun avantage, quelle que soit l'époque de l'année. Au contraire, une réfrigération à 8°C provoque un léger retard du départ de la germination et abaisse un peu le pourcentage de germination par comparaison avec des graines non traitées semées dans les mêmes conditions. La rapidité de germination des graines non traitées dépend de la température, de l'humidité et des arrosages.

Les conditions optimales d'éclairement pour la germination et la croissance des semis de toutes les moringacées sont au Soudan la demi-ombre (Jahn et al., 1990). Les pourcentages de germination de M. oleifera n'y ont été que de 40 % respectivement en pleine lumière, contre 94 % à la demi-ombre. Les hauteurs moyennes et maximales de plants de M. oleifera sont de 1,7 à 2,2 fois supérieures sous demi-ombre qu'en pleine lumière. Ce sont les semis apparus les premiers dans un lot qui, généralement, se développaient le plus rapidement. Cependant, dans la plantation de Pajaroya, nous avons pu constater l'effet néfaste de la proximité de grands arbres sur la croissance de jeunes Mlonge. La cause de cet effet peut être l'ombre ou la compétition racinaire.

2.2 les essais agronomiques sur site.

2.2.1  Les tests de croissance des arbres
(A. Le Roi, 1998-1999)

De nombreux tests (mode de mise en plantation, comparaison de croissance, effets de traitements comme les tailles, etc.) ont été réalisés par l'agronome A. Le Roi durant les deux ans de travaux sur le site de Pajaroya. Les tests de germination que nous avons réalisés ont déjà été faits par A Le Roi. Malheureusement, nous n'avons pu disposer de cette documentation. Certaines données étaient considérées comme confidentielles par Optima of Africa et il semblerait que les protocoles d'expérimentation et les résultats compilés par A. Le Roi aient été égarés. Nous avons pu obtenir de sa part les informations suivantes mais nous ne pouvons présenter un tableau récapitulatif du protocole et des résultats :

3 modes de plantation ont été pratiqués :

Ø             Les boutures : certains tests réalisés à Madagascar indiquent que les arbres issus de boutures développent un réseau racinaire petit, comparé aux arbres issus du semis direct. Le taux de survie des boutures est faible et le travail nécessaire est complexe (recueil des branches, stockage, etc.)

Ø             La plantation de plantules développées en pépinière. Cette méthode nécessite un travail long et des conditions de transport parfaites. Les essais réalisés à Optima of Africa ont montré que ce genre de système n'était envisageable que si la pépinière était à proximité immédiate de la plantation.

Ø             Le semis direct, méthode employée à Pajaroya. C'est la plus efficace, compte tenu de la forte vitesse de croissance de l'arbre et du faible coût que cela engendre.

Les arbres sur les sols argileux de Pajaroya ne développent pas de racines profondes comme l'indique la littérature sur sols sableux. Ces racines étant superficielles, la compétition avec des plantes annuelles cultivées en association s'accroît, les racines des deux plantes agissant dans les mêmes horizons. De plus, l'arbre a une faible résistance aux effets du vent.

La période de plantation doit bien correspondre à la saison des pluies. A. Le Roi a visité des exploitations dont les arbres n'avaient pas poussé, car ils avaient été plantés en mai, à la fin de la saison des pluies et non pas en mars, à son début. L'arbre est résistant à la sécheresse, mais la période de plantation reste cruciale vu la forte vitesse de croissance.

En présence de pucerons ou d'insectes, il est proposé d'utiliser de l'eau savonneuse, au coût réduit. Selon L. Le Mouel et G. Duchalais, deux étudiants de l'ISAB[3], (L. le Mouel et G. Duchalais, 2000), l'effet des insectes est limité. Leur présence sur les arbres est avérée mais les dégâts sont minimes et n'apparaissent que lorsque l'arbre est associé avec des plants annuelles (maïs, tournesol). Cependant, A. Le Roi a constaté cependant l'attaque d'un coléoptère nocturne marcheur (un curculiaridae, appelé localement sisal ball weevil) mangeur de feuilles. Des méthodes restent à élaborer pour lutter contre cet insecte qui grimpe sur le tronc et mange toutes les feuilles des arbres. L'insecte étant marcheur, l'attaque est lente et avance par rangs successifs, sans dispersion. L'arbre après l'attaque récupère très bien: il n'y a eu aucune perte à Pajaroya alors que des arbres étaient complètement effeuillés.

L'apport en fumier à la plantation est considéré par Optima of Africa comme suffisant pour le reste du cycle de l'arbre. Son utilité reste à prouver.

2.2.2     Les tests de bouture
(L. Le Mouel, G. Duchalais, M. Saqalli, 2000)

Commencés par L. le Mouel et G. Duchalais, nous les avons poursuivis. Ils ont consisté en une plantation de branches de M. oleifera prélevés sur 100 arbres de la plantation (en fonction de la taille de l'arbre, du volume du feuillage, de la position au sein de la plantation au niveau agronomique (orientation, pédologie) et des traitements (choix des parcelles et donc des traitements subis). Tous ces arbres ont été choisis comme ayant les plus gros volumes de feuillage et tous de plus d'un an :

Sur les 100 boutures, seules 43 purent effectivement être plantées, les autres laissées hors protection étaient déjà attaquées par des termites. Après 2 semaines, 13 rameaux ont commencé à donner des bourgeons. Après 4 semaines, seules 20 boutures survivent, les autres dépérissent et meurent.

100 boutures

cause

Temps 0

43 plantées

termites

Après 1 semaine

35 vivantes

termites

Après 2 semaines

13 bourgeonnant

 

Après 4 semaines

20 bourgeonnant et survivant

 

Après deux mois

5 boutures avec des rameaux verts tous d'une taille inférieure à 3 cm

 

La raison essentielle semble être l'attaque des branches bouturées par les insectes, et en particulier les termites. L'intérêt d'une bouture est de gagner du temps sur la croissance de l'arbre, le rameau étant déjà installé. Hors, l'avantage de cet arbre est sa très rapide croissance. D'autre part, sa forte teneur en eau, sa faible dureté en fait une proie facile pour les termites dès lors que l'écorce a été percée comme dans le cas d'une bouture. L'arbre a potentiellement des capacités de bouturage, mais cette pratique se justifie mal dans un milieu agro-écologique plutôt humide (800 à 1000 mm de précipitations) et chaud, avec une très forte activité de recyclage des insectes. Cette pratique reste peu efficace face au très bon taux de germination de 80% en moyenne observée. Enfin, dans le cadre d'une politique de plantation, il est toujours difficile d'envisager de planter des clones d'arbres dont les réactions aux maladies ne sont pas vraiment connues.

Sommaire