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Moringa oleifera 
    -- M. Saqalli, 2002

Sommaire

Moringa oleifera est un arbre originaire d’Inde. Il se caractérise par une très forte croissance et fleurit dès la première année de plantation. Le fruit est une gousse qui contient des graines. L'arbre a de nombreux usages potentiels au niveau alimentaire comme médicamenteux. Nombre de ces usages sont pratiqués en Inde et dans de nombreux sites où il a été disséminé. Les feuilles et les graines, laissées à décanter dans l’eau, ont des propriétés anti-microbiennes et antibiotiques en faisant précipiter les micro-organismes contenus dans l’eau. Cette propriété de floculation et d'accélération de la décantation était déjà observée et utilisée avec les feuilles en Inde, dans le Tamil Nadu et le Kerala (de St-Sauveur, 1997, M. Achuthan Nair, C. Sreedharan, 1986, R.Jambulingam, E.C.M. Fernandes, 1986). En Tanzanie, l’arbre est connu uniquement comme arbre de haie et comme médicament.

Moringa oleifera désignera l'arbre en tant qu'espèce. Le Mlonge est son nom vernaculaire swahili et nous emploierons ce mot lorsqu'il fera intervenir la société d'agriculteurs dans lequel il est projeté de le diffuser.  

1         M. oleifera, multi-usages, multi-milieux.

 Moringa oleifera Lam. (syn. Moringa pterygosperma Gaertn.) fait partie de l'ordre des Capparacées, qui comprend aussi les moutardiers. La famille des Moringacées ne comporte qu'un seul genre, Moringa, qui regroupe 13 espèces. Les origines de ces espèces se répartissent sur les côtes ouest de l'océan Indien (Verdcourt, 1985) : 7 dans la Corne de l'Afrique (nord Kenya, Somalie, sud de l'Ethiopie), 2 à Madagascar, 1 en Namibie, 2 en Inde, dont M. oleifera.

Hormis M. oleifera, les autres espèces n'ont pas été disséminées en dehors de leurs lieux d'origine et ne sont cultivées qu'occasionnellement, comme M. stenopetala dans le nord-ouest du Kenya. M. oleifera ou Mlonge désigneront exclusivement M. oleifera.

1.1     une vaste aire de répartition.

M. oleifera est originaire des piémonts himalayens, et plus particulièrement dans l'Uttar Pradesh (Ramachadran, 1980, Morton, 1991) et a été maintenant disséminé et cultivé dans le reste du monde. L'arbre est présent dans la zone d'étude depuis au moins un siècle, car les "coolies" indiens l'ont ramené lors de la construction du chemin de fer au début du XXème siècle. Il est très probable que l'arbre était présent bien auparavant, par les échanges caravaniers entre la côte swahilie et l'intérieur. Selon C. Coote, son implantation en Afrique Orientale suit les anciens sites d'implantation humaine, ce qui signifierait une dissémination spontanée plutôt difficile dans les conditions écologiques de la région : l'arbre se serait autrement disséminé sans besoin de l'homme.

Carte 1  répartition des espèces de Moringa.

nombre d'espèces de Moringa originaires du pays
Source : J. Olson, 1998

Il est issu d'un milieu tropical semi-aride. Les principales exigences culturales de M. oleifera en Asie ont été récemment résumées par des horticulteurs du sud de l'Inde (Ramachadran, Peter et Gopalakrishnan, 1980). M. oleifera s'adapte à des milieux très diversifiés.

Tableau 1         limites écologiques de M. oleifera

Caractéristiques

Conditions acceptables

Conditions optimales

Altitude

0 – 1500 m

100 – 700 mètres

Température moyenne annuelle

8°C – 45°C

Supporte le gel mais s'en ressent par sa croissance

22°C – 25 °C

Précipitations

100 – 1500 mm

700 - 900 mm

Types de sols

Tous sauf les vertisols

Sols rouges argilo-sableux bien drainés

Source: FRIM, 1995 et Optima of Africa 2000
(C. Coote et al., 1997, S.A.A. Jahn et al., 1990, F. Besse, 1996, A. de St-Sauveur, 1997).

L'arbre atteint une taille maximale de 15 mètres, mais ne dépasse pas en général les dix mètres. Sa croissance est impressionnante, jusqu'à 8 mètres la première année. Le tronc est mou et spongieux. Ses branches sont pendantes et entrelacées, et le feuillage est lâche comme un saule pleureur. Les feuilles, séparées en deux ou trois folioles, sont arrangées en spirale. Les racines forment des tubercules à forte odeur et goût de radis, d'où le nom de horseradish. L'arbre n'est pas une légumineuse et ne forme pas de nodosités. Pour autant, le taux de protéines qu'il contient est très important par rapport aux autres arbres non légumineux. La présence de l'arbre apporterait une remontée du phosphore du sol aux horizons superficiels.

L'arbre peut fleurir et produire des gousses deux fois par an. Les fleurs, blanches crémeuses, forment ensuite des gousses allongées de 30 cm de long, passent du vert tendre au brun, à section triangulaire, pointue à l'apex, et lignifiée, ce qui définit alors le seuil de maturité des gousses pour la production d'huile. En milieu villageois, le nombre de graines oscille entre 15 et 22 par gousses, avec 20 à 80 gousses par an et par arbre[1]. A. Le Roi note l'importance des ébourgeonnages, car la suppression du méristème apical et donc le développement de méristèmes secondaires permet de multiplier la production de chaque arbre par trois ou quatre.

Les graines sont entourées d'un péricarpe fin, qu'il n'est pas nécessaire d'enlever pour tous les traitements en usage. Au contraire, cette enveloppe protège les graines et l'huile des agressions extérieures et elle contient une part essentielle des protéines intéressantes de cet arbre.

Cependant, l'arbre n'est absolument pas résistant au feu, ce qui est un handicap fort, les agriculteurs utilisant le feu pour la préparation des terres et les sarclages.